Située dans la municipalité de Saint-Ferréol, la résidence secondaire se présente comme un refuge en retrait du quotidien, un lieu d’échappatoire vivant au rythme calme de la forêt. Le bâtiment principal, déjà en place, porte l’empreinte d’une architecture inspirée des chalets autrichiens, un volume compact surélevé, un basilaire léger, un généreux débord de toiture et une présence affirmée du bois. Ces qualités ont guidé l’intégration et la conception de l’extension.
Juché dans la mousse et les épinettes du site, le nouvel ajout vient offrir un second souffle à la résidence existante tout en s’y greffant avec retenue. S’inscrivant dans la continuité du langage initial, il en propose quelques clins d’œil, un corps bâti posé sur une assise minimale, la réinterprétation du débord de toiture et une matérialité contextuelle où le bois est célébré. Malgré cette filiation, l’ajout affirme son autonomie par une posture volontairement minimaliste. Reposant sur une dalle structurale, il réduit son empreinte au sol afin de préserver les arbres matures et l’intégrité visuelle du site. Le volume s’insère ainsi entre les troncs avec une précision chorégraphiée, conservant les épinettes les plus proches, dont la cime effleure la toiture.
Une passerelle aérienne détache discrètement l’extension du bâtiment principal, accentuant la sensation d’un pavillon suspendu dans la canopée boréale. À l’intérieur, l’enveloppe entièrement vitrée se déploie entre la structure apparente et un sol en terre cuite, amplifiant la connexion avec la forêt. Cette pièce se transforme selon les saisons : ouverte entièrement l’été, elle devient une pièce moustiquaire, respirant au rythme du vent et des arbres. L’hiver, elle se referme et se condense en un cocon chaleureux évoquant les refuges forestiers en plein cœur des conifères enneigés.
Les parois de verre créent un jeu de réflexions qui dialogue avec la végétation environnante, donnant l’impression que les branches se prolongent à l’intérieur même du volume. L’insertion si étroite dans le boisé génère des proximités remarquables, depuis l’intérieur, certaines branches semblent pouvoir être touchées du bout des doigts, intensifiant le sentiment d’immersion.
La structure apparente assure le rythme de l’espace et met de l’avant une expressivité tectonique qui revendique à la fois simplicité et vérité constructive. Détachée de l’enveloppe vitrée, elle crée un subtil décollement qui renforce l’idée d’un lieu légèrement suspendu dans les arbres, à la fois ancré dans la forêt et tenu à distance par un geste architectural maîtrisé. L’ensemble compose un espace où se conjuguent légèreté, intimité et immersion, un lieu qui accompagne l’humeur changeante de la forêt et de ceux qui l’habitent.
Entrepreneur: Sequoia Constructions
Structure: MA-TH
Photos: Maxime Brouillet